Les stages non rémunérés

La plupart d’entre nous ont fait ou connaissent quelqu’un qui a fait un stage pour des crédits académiques. C’est parce que les stages ont connu un véritable essor après le krach économique de 2008, ce qui laisse croire qu’ils sont un moyen de plus de privatiser l’éducation. Les stages non rémunérés, en particulier, déchargent la pression d’une bonne éducation sur l’individu tout en déresponsabilisant le gouvernement et l’employeur.

Les étudiants doivent accomplir plus que jamais, avec notre temps et notre énergie divisés entre les cours, les stages et le travail rémunéré. Ceux d’entre nous provenant de familles qui ont assez d’argent pour nous soutenir sont bien placés pour suivre des stages intensifs non rémunérés, mais il y a souvent moins de possibilités pour qui parmi nous sont des femmes, des étudiant.es à faible revenu et des étudiant.es issu.es de minorités diverses.

La plupart des stagiaires non rémunérés travaillent dans des domaines traditionnellement féminisés (pensez éducation, communication ou travail social). C’est parce que notre société a tendance à sous-évaluer le travail qui est considéré comme «du travail de femmes » – d’où l’écart salarial. Les statistiques montrent que:

  • lorsque beaucoup de femmes entrent dans des domaines traditionnellement dominés par les hommes, les salaires diminuent (ex. biologie), et
  • lorsque les hommes entrent dans des domaines traditionnellement dominés par les femmes, la rémunération augmente (ex. programmation informatique)!

Les stagiaires se lancent dans le marché du travail pour acquérir des compétences et de l’expérience. Demandons-nous bien ceci:

  • Apprend-on vraiment?
  • Et sommes-nous plus employables après avoir travaillé gratuitement?

Eh bien, il n’existe actuellement aucune méthode standardisée d’évaluation des stages. Certains départements universitaires apportent un soutien important, garantissant aux étudiant.es une expérience précieuse, alors que d’autres départements laissent les étudiant.es se débrouiller seul.es.

Et il s’avère que, selon la recherche, les employeurs investissent plus de temps de mentorat dans les stagiaires rémunérés que dans celles et ceux non rémunéré.es. Et les stagiaires rémunéré.es passent plus rapidement au marché du travail!

(adapté de la page web de campagne de CSU)

Journée internationale des stagiaires

Est reconnue depuis 2015 une Journée internationale des stagiaires. La plate-forme InternsGoPro et le Forum européen de la Jeunesse ont lancé cet événement récurrent afin de mettre en lumière le sort des stagiaires et de contribuer à des solutions pour améliorer leurs salaires et leurs conditions de travail. Depuis, de nombreux groupes se sont joints à eux pour former la Global Intern Coalition (GIC).

Des coalitions régionales pour gagner!

Ce site Web a été publié par la Coalition montréalaise pour la rémunération des stages. La plupart de ses organisations n’ont pas tout à fait le même profil que celles de la GIC: alors que ces dernières ont tendance à être des groupes de stagiaires, nous sommes principalement des militants étudiants, syndicaux et de groupes féministes et communautaires, tou.tes touché.es par la question des stages non rémunérés d’une manière ou d’une autre. En travaillant avec la GIC et d’autres partenaires, nous avons l’intention de contribuer à des changements significatifs dans la façon dont le travail de stage est valorisé dans nos sociétés.

À cette fin, aucun réseau international ou national ne peut suffire à lui seul: des efforts soutenus de mobilisation à la base sont nécessaires pour forcer la main des politiciens. La coalition régionale de Montréal est la première d’une série d’autres à venir à cette fin, et nous pouvons vous aider à en créer une dans votre région. Nous sommes confiants que tout ce maillage d’organisation (régional, national, international) rendra nos actions et stratégies plus impactantes dans les années à venir. Tout travail mérite salaire!